Aujourd’hui, la FGTB a mené une action devant la Banque nationale de Belgique. Sous le slogan « un vaccin contre la crise sociale », la FGTB se mobilise face aux conséquences de la crise qui s’annonce. Il est temps que l’Etat change rapidement son fusil d’épaule et s’occupe en priorité des travailleurs, travailleuses et allocataires sociaux, sans oublier les jeunes. Dans ce cadre, le syndicat socialiste a rédigé un manifeste, à consulter sur notre site.

La crise sanitaire que nous avons vécue a et aura comme conséquences une profonde crise économique et sociale. Au plus fort de la crise Covid-19, de nombreux politiques et économistes déclaraient qu’il fallait tirer les leçons de ce qui s’était passé. Au niveau humain et sanitaire, mais aussi sur les plans économiques, politique et social.

Chaque soir, nous avons applaudi les travailleurs et travailleuses en première ligne pendant le confinement. Aujourd’hui, il faut donc se montrer cohérent et prendre les mesures justes et indispensables pour améliorer véritablement leurs conditions de travail.

A cet égard, l’accent doit être mis sur une plus grande valorisation des travailleurs et travailleuses en mettant un terme à la modération salariale et en augmentant les bas salaires. Cela passe par une augmentation du salaire minimum à 14 € bruts/heure, soit 2.300 € bruts/mois. A l’avenir, la concertation sociale et la protection sociale doivent être des points d’attention prioritaires pour les employeurs et l’Etat. Tout comme une répartition plus équilibrée du travail par une réduction collective du temps de travail et un travail « faisable » dans de bonnes conditions. Parallèlement, la protection et la sécurité au travail nécessitent des plans de prévention négociés, des équipements de protection individuelle et collective en suffisance et davantage d’inspections (au moins le double)…

Cette crise a clairement mis en évidence l’importance des soins de santé et de la protection sociale. Notre sécurité sociale doit être revalorisée. Des investissements suffisants sont nécessaires dans les soins de santé et l’ensemble des services publics. La sécurité sociale doit rester fédérale et être renforcée. Il faut donc lui assurer un financement solide via une contribution sociale de tous les revenus, une dotation d’équilibre ainsi qu’un moratoire sur les réductions (linéaires) de cotisations, les statuts précaires et la rémunération nette. Ce financement permettrait, entre autres, de relever l’ensemble des allocations sociales au-dessus du seuil de pauvreté. Une pension minimum de 1.500 € nets doit enfin être garantie et la dégressivité des allocations de chômage doit être supprimée.

Un autre modèle économique, plus durable et visant plus d’égalité est indispensable. A défaut, nous continuerons de passer d’une crise économique à l’autre. Car l’épisode du coronavirus montre que les chaines de production globalisées rendent l’économie particulièrement vulnérable aux chocs externes et problèmes d’approvisionnement. Ceci vient s’ajouter aux autres failles du système, comme la crise du climat et la croissance des inégalités.

Enfin, l’Etat doit opérer un choix : soit investir, redistribuer et travailler ensemble, soit continuer à placer l’économie avant l’humain. La crise sanitaire s’est muée en crise économique et entraine une hausse importante des déficits publics et de la dette publique. Ce qui risque de déboucher sur de nouvelles politiques d’austérité, sur le dos des travailleuses et travailleurs. Alors que nous avons au contraire besoin de plus de pouvoir d’achat, plus d’investissements et plus de redistribution des richesses. Une réforme fondamentale de la fiscalité, pour la rendre beaucoup plus juste, doit cibler le capital et les grandes fortunes.