La FGTB ne souscrit pas au rapport de la BNB

Rudy De Leeuw, président de la FGTB et, en cette qualité, régent auprès de la Banque Nationale de Belgique, n’a pas souscrit au rapport de la BNB. Même si la BNB a –  il est vrai – tenu compte d’une partie des points d’attention syndicaux, nous ne pouvons pas souscrire au rapport dans son intégralité, en raison des passages soutenant explicitement la politique gouvernementale.

Nous pouvons néanmoins soutenir différents points du rapport. En effet, l’attention accordée à la durabilité, à la cohésion sociale et à l’inclusion est positive. Tout comme l’importance accordée aux investissements en matière d’innovation, de formation et d’infrastructure. En outre, nous pouvons souligner que la BNB reconnait une croissance plus lente de l’emploi en Belgique par rapport à la zone Euro. Nous soutenons également l’accent mis sur la neutralité budgétaire des mesures (para)fiscales prises par ce gouvernement, tout comme la demande de respecter le cadre des négociations au niveau interprofessionnel. Sur le plan monétaire, nous attachons, comme la BNB, une grande importance au parachèvement de l’union bancaire, avec en particulier le mécanisme de résolution unique (Single Resolution Mechanism) et le système de garantie des dépôts.

Malheureusement, nous ne pouvons pas marquer notre accord avec certains passages cruciaux. Selon nous, mais aussi selon différents économistes, l’affirmation explicite selon laquelle la politique du gouvernement commence à porter ses fruits, ne peut pas être confirmée. En effet, la croissance économique et l’évolution de l’emploi en Belgique restent à la traîne par rapport à la moyenne de la zone Euro. De plus, la qualité des emplois crées demeure précaire.

La BNB exprime explicitement son soutien au nouveau cadre en matière de formation des salaires. Or, pour la FGTB, continuer à restreindre l’autonomie des partenaires sociaux via la réforme de la loi de 1996 compliquera une juste répartition, entre le travail et le capital, du développement économique. En 2016, la Belgique était le seul pays de la zone Euro où les salaires réels n’ont pas augmenté. Avec la réforme de la loi de ’96, le problème persistera, alors que la BCE – entre autres – appelle à des augmentations de salaire pour favoriser la croissance et réduire les inégalités.

Nous déplorons en outre l’absence d’éléments visant à plaider pour rendre le travail plus faisable, en particulier pour les travailleurs âgés. Pour la FGTB, la politique actuelle visant d’un côté à maintenir les travailleurs plus longtemps au travail et d’un autre côté refuser de rendre leur carrière plus faisable, est socialement irresponsable et injuste.

Enfin, le rapport n’accorde pas suffisamment d’attention à la nécessité d’une fiscalité plus juste. La BNB soutient ainsi que la diminution de l’impôt des sociétés s’inscrit dans le cadre de la lutte contre l’évasion fiscale. Pour nous, pour lutter efficacement contre l’évasion fiscale il faut prioritairement mettre fin aux possibilités d’échappatoires fiscaux. Mais certainement pas s’adonner à une course vers le bas en matière de taux d’imposition.