La récente sortie de Denis Ducarme dénonçant « l’indécence » du PTB, coupable à ses yeux de ne pas avoir appelé clairement à voter pour le golden boy de la non-politique française, laisse rêveur. Le porte-flingue du MR développe ainsi un « argument » de comptoir qui veut que les extrêmes quelque part se rejoignent, s’alimentent mutuellement, et se défendent.

Loin de vouloir défendre le PTB, il convient de rappeler que ceux qui font le lit de l’extrémisme sont d’abord et avant tout les démocrates – ou prétendus tels – qui cautionnent les discours extrémistes (sur les réfugiés ou sur les chômeurs par exemple), les partagent et… les associent au pouvoir !

En d’autres termes, entre le PTB qui n’appelle pas à voter pour Macron et le MR qui monte dans une coalition avec la N/VA – parti qui compte des fascistes et des sympathisants nazis dans ses rangs – quel est celui qui favorise l’extrême droite ? Poser la question…

Cette sortie n’a en fait d’autre but que de décrédibiliser un parti qui monte dans les intentions de vote et commence à inquiéter non seulement le MR, mais tous les partis traditionnels (le Ministre-Président wallon ayant tenu des propos analogues).

Cette polémique mérite quelques précisions. Au nom de quoi un parti politique belge quel qu’il soit, doit-il appeler à voter pour un candidat dans un autre pays ? Considère-t-on les Français à ce point comme des « veaux » comme le disait De Gaulle qu’on soit contraint de leur dire quoi faire et comment voter dans leur pays ?

Dans l’affirmative, pourquoi, dès lors, lors de la toute récente élection présidentielle en Autriche où un candidat écologiste affrontait un candidat d’extrême-droite, le MR n’a-t-il pas appelé à voter pour le candidat vert afin de faire barrage au nazillon autrichien ? Ou encore, lors d’élections législatives en Italie par exemple – et on sait combien sont nombreux les Italo-belges qui votent encore aux législatives de leur pays d’origine -, pourquoi le MR n’appelle-t-il pas à voter contre les partis fascistes comme Alleanza Nazionale ou la Ligue du Nord ? Il était où Duduche au moment de ces élections-là ?

La vérité est crue (et cruelle). Le MR se lance dans une campagne de communication qui ne vise qu’à cacher toutes les couleuvres qu’il a avalées et toutes les dérives de la politique qu’il mène au fédéral. Libéralisme social qu’ils disaient. Voyons cela…

Le MR aujourd’hui c’est :

  • Le Mouvement des Rupins (ou des Riches) : des faux Robins des bois qui volent aux pauvres (nos pensions, les allocations de chômage, le remboursement des médicaments, on en passe et des pires…) pour donner aux riches, et tout particulièrement aux entreprises qui paient de moins en moins d’impôts.
  • Le Mouvement des Rufians : chacun de se rappeler des déclarations de Charles Michel en 2014 qui jurait ses grands dieux de ne pas s’allier avec la N/VA, ce parti qu’il qualifiait à l’époque d’extrême-droite…
  • Le Mouvement de la Rage (taxatrice) : si pour les entreprises, c’est Noël tous les jours, pour les citoyens, c’est ceinture. Rappelons-nous par exemple l’augmentation de la TVA sur l’électricité de 6 à 21%. Et la Belgique vient encore d’être pointée du doigt comme étant le pays qui taxe le plus les revenus du travail. Les revenus du capital, par contre, se portent bien. Merci pour eux !
  • Le Mouvement Réactionnaire : les politiques menées au fédéral attaquent tous les conquis sociaux du 20ème siècle.
  • Le Mouvement des Ripoux : les affaires Publifin et le Kazakhgate n’ont pas encore livré tous leurs secrets, mais elles montrent déjà à souhait que le MR est loin d’être « clean » et n’est certainement pas le grand moralisateur de la vie politique qu’il prétend être. Même les gesticulations de Jean-Luc Crucke ne suffiront pas à cacher la vérité des faits. Le MR en croque !
  • Le Mouvement des Ronds : non pas les ronds dans l’eau (quoique, avec Jacqueline Galant…), mais surtout la monnaie, les recettes, le budget qu’il est incapable de gérer. Malgré des économies à tous les étages de l’Etat fédéral, le budget est toujours aussi déficitaire. Les manipulations comptables et les vieilles recettes libérales n’y changent rien.
  • Le Mouvement des Ridicules : Ducarme, Galant, Merghem, Wilmes, Borsus, Defrang-Firket, Destexhe, Jeholet, Breuwer, Fournaux, Chastel, Bouchez, Bacquelaine et Michel (père et fils)… Autant de « personnalités » du MR qui démontrent que le ridicule ne tue pas…

 

Oui, il est vraiment plaisant ce MR…