Flash-Back. Jeudi dernier, 3 mars, doit se tenir une réunion du conseil de la Zone de police des Arches dans les locaux de la Commune d’Andenne. Réunis en front commun, quelques dizaines de syndicalistes s’invitent et font connaître leur mécontentement.

 

La raison de leur colère ? La zone de police des Arches présente un boni de 450.000 euros. Les organisations syndicales demandent depuis des mois d’engager du personnel afin, d’une part, de compléter le cadre (avec 3 nouveaux départs à la pension, la zone comptera d’ici peu 85 agents au lieu des 94 prévus depuis 1998…) et d’autre part, de régulariser diverses situations précaires de plusieurs détachés.

 

Depuis plusieurs mois, les policiers de la zone se voient opposer un refus de l’Autorité, sans marge de concertation. Pire, ils sont l’objet d’attaques directes et provocatrices de la part de l’Ours d’Andenne, le maïeur Claude Eerdeckens (ses propos ont d’ailleurs été relayés dans les médias locaux).

 

Le 3 mars donc, la colère explose.

 

Plutôt que d’ouvrir – enfin – un dialogue, le Baloo d’Andenne (le sympathique personnage de Disney mérite-il ça ?), inquiet de ne pouvoir déambuler entre les chars et les confettis lors du Carnaval des Ours de sa commune ce dimanche 6 mars, préfère s’adresser aux Tribunaux.

 

Les organisations syndicales ont ainsi été informées ce vendredi 4 mars par les avocats conseils de la Ville d’Andenne, Davreux et Davreux (et Davreux ?) que cette dernière a introduit une requête unilatérale sur base l’article 584 du Code judiciaire près le Tribunal de Première Instance de Namur. Le Président dudit tribunal a ainsi déclaré « la requête recevable et partiellement fondée » et fait « (…) interdiction à toute organisation syndicale représentative des fonctionnaires de police (…) d’organiser sur le territoire de la Ville d’Andenne, à dater de la signification de la présente ordonnance jusqu’au dimanche 6 mars 2016 à minuit, toute activité, toute manifestation ou piquet de grève ayant pour objet d’empêcher, limiter ou perturber l’organisation des festivités carnavalesques programmées dans le cadre du ‘Carnaval des Ours’ ».

 

Il est cocasse de constater dans cette ordonnance que l’interdiction court jusqu’à minuit. Dès le 7 mars à 00h, il est permis aux syndicats de passer à l’action. Dans le même ordre d’idées, ne sont concernées que les organisations syndicales représentatives des fonctionnaires de police : les camarades des autres sous-secteurs de la CGSP Admi ne sont donc pas concernés…

Le meilleur réside toutefois dans la petite phrase suivante : « Enfin, il y a lieu de constater que notre saisine en notre cabinet quelques minutes avant la fermeture du greffe nous permet d’instruire la présente demande et de prononcer la présente ordonnance sans l’assistance d’un greffier, matériellement impossible ; ». Quelle extrême célérité de la part du Président du Tribunal de 1ère instance de Namur ! En quelques minutes, pif paf pouf, l’affaire est réglée. Qui accusera encore notre justice de lenteur ?

 

Bref, l’ours d’Andenne est vraiment mal léché…

Et mal luné ! Mais la lune ne nous semble pas tout à fait pleine.

 

En effet, la tirade unilatérale des avocats de la Ville d’Andenne est un plaidoyer de plusieurs pages sur la nécessaire sécurité qu’il convient d’assurer aux citoyens, aux habitants, aux carnavaliers, aux familles, aux enfants. Manquaient à l’appel la veuve et l’orphelin…

 

La CGSP Admi retient l’argument et ne manquera pas d’interpeler le maïeur sur la contradiction de son propos : comment plaider pour la défense des citoyens, habitants, carnavaliers, confettis… le jour du carnaval et accepter qu’il manque 10% des effectifs (85 au lieu de 94) de police pour assurer la sécurité des citoyens les 364 autres jours de l’année (et même 365 cette année…) ? L’ours ne se préoccupe-t-il de la sécurité de ses citoyens que lorsqu’il sort de sa tanière pour faire la danse de Saint-Guy ?

 

Un dernier mot enfin sur la énième provocation du mal léché d’Andenne : « Si des policiers veulent se comporter comme des apprentis terroristes, ils ne méritent pas l’uniforme », déclaration faite au journal Vers l’Avenir ce vendredi 5 mars.

On retrouve dans ces propos le principal cliché utilisé par les partis fascisants pour dénigrer les organisations syndicales et les syndicalistes qualifiés de terroristes.

Les récents attentats de Paris ont dramatiquement rappelé aux yeux du monde ce qu’étaient des terroristes. Et aussi le rôle que nous, services publics de la santé, pompiers ou policiers (pour ne citer qu’eux) tenons quand il s’agit de venir en aide aux citoyens et aux victimes.

 

Au lieu de faire son carnaval, l’ours d’Andenne devrait s’en rappeler et sortir enfin de sa léthargie !